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Combien coûte l'assurance de prêt immobilier ?

Alors que la négociation du taux d'intérêt continue de focaliser l'attention des acquéreurs, un autre poste pèse lourdement dans la balance : l'assurance emprunteur. Elle peut représenter entre 25 % et 35 % du coût total de votre crédit immobilier, voire jusqu'à 50 % selon les profils. Face à ce constat, il est plus que jamais légitime de chercher à comprendre son mode de calcul… et de comparer les offres. D'autant que la législation a considérablement évolué depuis 2022, en faveur des emprunteurs.

L'assurance de prêt : un poids considérable dans le coût de votre crédit !

L'assurance emprunteur peut représenter 25 % à 35 % du coût effectif du prêt, et parfois bien davantage. Pour un prêt de 150 000 € sur 20 ans, le coût total de l'assurance peut se situer entre 4 000 et 8 000 € et grimper bien au-delà selon l'âge et le profil de l'emprunteur.

La bonne nouvelle : sous l'impulsion de la loi Lemoine de 2022, qui permet de faire jouer la concurrence entre les assureurs à tout moment, le tarif de l'assurance emprunteur a globalement baissé.

Les taux d'assurance emprunteur en 2026

En 2026, le taux d'assurance de prêt immobilier varie principalement selon l'âge, la santé, la profession, la durée du prêt, le montant emprunté et le choix des garanties. Les jeunes emprunteurs bénéficient de taux bas, à partir de 0,06 %, alors que les profils seniors ou à risques peuvent dépasser 0,41 %.

Plus précisément, une assurance de prêt immobilier coûte en moyenne : entre 0,07 % et 0,36 % du montant emprunté pour les moins de 30 ans ; entre 0,16 % et 0,36 % pour les emprunteurs entre 30 et 45 ans ; entre 0,37 % et 0,65 % pour les emprunteurs entre 45 et 55 ans.

Au-delà de 55 ans, les taux s'envolent davantage. Une personne de plus de 55 ans ayant des antécédents de santé peut voir son taux grimper à plus de 1,30 %.

Comment est calculé le tarif de l'assurance emprunteur ?

Plusieurs critères sont à prendre en compte pour déterminer le coût de l'assurance de prêt.

Le projet immobilier

Bien évidemment le coût de l'assurance emprunteur augmente mécaniquement selon :

  • l'importance du capital emprunté : le coût de l'assurance étant calculé à l'aide d'un pourcentage appliqué au capital emprunté, naturellement plus celui-ci est important, plus le coût de l'assurance sera élevé.
  • la durée d'emprunt : elle joue à deux niveaux. Plus la durée est longue, plus vous verserez de cotisations. Et comme le risque augmente avec l'âge, on vous proposera certainement un taux d'assurance plus élevé si vous souscrivez un prêt de longue durée.

Le niveau de garanties souhaité et les quotités retenues

Certaines garanties sont obligatoires (décès et PTIA), d'autres sont facultatives (garantie perte d'emploi) ou obligatoires seulement pour certains profils d'emprunteurs (IPT, ITT, IPP).  Plus vous souscrivez de garanties pour vous protéger, plus le coût de votre assurance sera élevé.

Par ailleurs, si vous achetez à deux (c'est le cas pour 80% des achats immobiliers), les quotités choisies pour chaque emprunteur impacteront le coût de votre assurance. Ainsi, un couple qui désire une protection optimale (100 % par tête) doublera sa prime d'assurance par rapport à un couple qui choisira de s'assurer à 50/50.

L'âge des emprunteurs, en début et en fin de crédit

À capital égal emprunté, les seniors subissent une triple peine : puisque leur âge représente un risque plus élevé de maladie, invalidité ou décès, ils ne peuvent emprunter que sur des durées courtes, avec des garanties souvent moindre (à l'âge de la retraite, les garanties IPT, IPP et ITT voire la garantie perte d'emploi cessent) et à des taux d'assurance plus élevés. Si bien, que le coût de l'assurance pèse souvent plus lourd dans la balance pour ce profil d'emprunteur, alors même que les garanties seront réduites au minimum.

Les risques que vous présentez

C'est connu, un assureur déteste prendre des risques ! Et plus votre profil en présente, plus votre taux d'assurance sera élevé.

Les risques sont appréciés selon plusieurs critères :

  • votre âge en premier lieu, comme nous l'avons vu dans le point précédent
  • votre état de santé (antécédents médicaux, handicap, tabagisme...) : établi d'après le questionnaire médical que vous devrez remplir.
  • votre profession : exercez-vous un métier à risques, comme pompier, policier, chauffeur routier ? Êtes-vous en CDI, en CDD, indépendant, fonctionnaire ? Votre emploi présente-t-il un risque de chômage ?
  • les sports que vous pratiquez : la pratique de sports extrêmes vous expose à de plus grands risques et engendre souvent une surprime voire une exclusion de garanties.

Ne soyez donc pas étonné si, chez un même assureur, vous payez davantage que votre voisin si vous êtes fumeur, si votre métier vous expose à des risques (déplacements fréquents, travail sur chantier, etc.), et si vous pratiquez le parachute, alors que votre voisin ne fume pas, travaille dans un bureau, et joue au tennis. 

La méthode de calcul retenue par l’organisme prêteur

Au moment de négocier votre assurance emprunteur, regardez bien si celle-ci est calculée sur le capital emprunté comme c'est souvent le cas pour les assurances groupe (proposées par la banque prêteuse), ou sur le capital restant dû après chaque échéance.

  • Sur le capital initial : le montant des cotisations mensuelles (ou primes) reste fixe, pendant toute la durée du prêt.
  • Sur le capital restant dû : vos cotisations d'assurance diminueront mécaniquement mois après mois, puisque le capital qu'il vous reste à rembourser diminue après chaque mensualité. Ce qui est logique : plus votre prêt se rapproche de son échéance, moins l'assureur prend un risque important au cas où vous ne pourriez pas honorer vos remboursements.

La logique voudrait que le calcul sur le capital restant dû soit le plus favorable à l'emprunteur mais encore faut-il que le taux n'ait pas été gonflé dans ce cas-là. Pour en avoir le cœur net, reportez-vous au TAEA (taux annuel effectif d'assurance) : celui-ci est calculé de la même manière par tous les établissements d'assurance. Il vous permet de savoir très précisément, pour un projet donné (même montant emprunté, même durée, même taux de crédit et mêmes frais bancaires) le poids que représente l'assurance et de comparer facilement deux propositions d'assurance de prêt.

Autre possibilité : vous référer tout simplement au coût total de l'assurance sur toute la durée du prêt, également mentionné dans votre contrat.  

Assurance groupe ou assurance déléguée : laquelle coûte le moins cher ?

Contrat groupe de la banque prêteuse : plus facile à obtenir, mais plus cher

L'assurance emprunteur proposée par la banque qui vous accorde votre crédit est la plus facile à obtenir. En effet, elle repose sur la mutualisation des risques entre tous les emprunteurs assurés, quel que soit leur profil. Ce qui se traduit par des tarifs identiques par tranche d'âge.

En contrepartie, si vous présentez un profil avec peu de risques (non fumeur, sans antécédents médicaux, avec un travail de bureau sans déplacements, etc.) vous risquez de payer beaucoup plus cher votre assurance qu'en faisant appel à un contrat individuel, adapté à votre profil.

Contrat individuel d'une assurance déléguée : un coût plus faible, mais des conditions plus strictes

Une assurance de prêt souscrite par délégation d'assurance auprès d'un assureur indépendant, sera plus difficile à obtenir, selon les risques que présente votre profil. Ainsi, le questionnaire de santé sera souvent beaucoup plus poussé que celui qui vous aura été soumis par votre banque. En échange, vous bénéficierez d'un taux qui cadre avec votre profil : si vous présentez peu de risques, le taux sera naturellement plus faible.

Grâce à la délégation d'assurance, vous pouvez souvent obtenir des prix inférieurs jusqu'à 50 % par rapport aux contrats groupe proposés par les banques.

Selon l'Association pour la promotion de la concurrence en assurance des emprunteurs, les ménages qui ont changé d'assurance ont économisé entre 5 000 et 25 000 €, avec une moyenne de 10 000 € par contrat.

A savoir : pour que la délégation d'assurance soit acceptée par votre banque, il faut que le contrat couvre les mêmes garanties que l'offre groupe. Mais pas besoin de décortiquer votre contrat, les assureurs ont l'habitude de se plier aux exigences des établissements bancaires, ils vous demanderont simplement le nom de votre banque et se caleront automatiquement sur les garanties exigées par celle-ci.

La grande nouveauté : la loi Lemoine (2022) change tout

La loi Lemoine ouvre depuis 2022 un droit de résiliation de l'assurance emprunteur, sans aucun frais et à tout moment. Autrement dit, vous pouvez changer d'assurance emprunteur quand vous le souhaitez, sans attendre la date anniversaire de votre contrat.

Elle apporte également trois autres avancées importantes :

1. Suppression du questionnaire de santé sous conditions

Le questionnaire de santé n'est plus exigé si le montant total de prêts cumulés ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur et si le remboursement est terminé avant les 60 ans de chaque emprunteur.

2. Réduction du droit à l'oubli

Le droit à l'oubli est ramené de 10 à 5 ans pour les anciens malades du cancer, et s'étend désormais à l'hépatite C.

3. Obligation d'information annuelle

Les banques et les assureurs doivent désormais informer chaque année l'emprunteur de ses droits à résilier, de l'échéance de son contrat, du coût de l'assurance sur 8 ans et du TAEA.

Quel bilan pour la loi Lemoine ?

L'objectif premier de la loi Lemoine — renforcer la concurrence — est largement atteint : les demandes de changement d'assureurs ont augmenté de plus de 80 % entre 2021 et 2023. Le succès reste toutefois entaché par la posture de certaines banques, dont les délais de réponse dépassent largement les 10 jours réglementaires, avec une moyenne observée de 26 jours.

Comparez les prix, mais n'oubliez pas les garanties !

Qu'on se le dise : un coût élevé d'assurance emprunteur n'est pas forcément synonyme de meilleure couverture. Vérifiez scrupuleusement les garanties proposées, les quotités retenues en cas d'achat à deux, et les conditions d'application. Un exemple frappant : il vaut mieux souscrire une assurance couvrant l'invalidité dans l'incapacité d'exercer votre profession, plutôt qu'une assurance qui ne couvre que l'incapacité d'exercer n'importe quelle profession, même moins chère.

Et grâce à la loi Lemoine, si vous avez souscrit l'assurance groupe de votre banque au moment du prêt, il n'est jamais trop tard pour en changer et réaliser des économies substantielles.

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